L’Enfer des masques, J. Barbéri : hommage déjanté à Poe

Coups de coeur

Vous savez ce que ça fait de toujours entendre parler d’un auteur que vous n’avez jamais lu et, un jour, recevoir son petit dernier dans la boîte aux lettres ? Intimidé.e, fébrile, vous l’ouvrez. Pas sûr.e d’être à la hauteur. Et si je suis déçu.e ?

Un jour, donc, j’ai reçu L’Enfer des masques, le dernier roman de Jacques Barbéri paru à La Volte. « Thriller barré, terrifique et éclatant », qu’on m’avait dit. Ca veut dire quoi, thriller barré ?

Je n’avais vu jusqu’à présent de l’extérieur que le parc et, au-delà du mur d’enceinte, la chevelure sombre de la forêt; il y avait bien eu cette griffure sur la vitre à mon réveil – le passage subreptice d’une mouette ? – mais je n’avais jamais imaginé un seul instant que la clinique fût située au sommet d’une falaise. Et j’ai soudain l’impression, comme aurait pu le dire… quelqu’un dont le nom m’échappe encore, friand de théories freudiennes emberlificotées, que la clinique est comme une idée, un rêve, perdu entre l’ombre primitive et inquiétante de la forêt et la lumière éclatante, bleu incandescent, de l’océan.

L’Enfer des masques, c’est une plongée folle dans le monde de la technologie scientifique outrancière, où le luxe côtoie le morbide. C’est une quête identitaire sur fond de classiques du cinéma. C’est l’amour salvateur qui rencontre l’amour destructeur.

Amateurs de rythme et d’aventures, vous serez servis. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça va à 100 à l’heure. Les cheveux au vent en Aston Martin ou en hélicoptère, vous allez en faire, des kilomètres. Et qu’est-ce que c’est bon.

Côté atmosphère, on ne sait où donner de la tête. C’est drôle, oui, mais c’est aussi sérieux. Sérieux et sombre. Mais aussi lumineux. Onirique, et diablement réaliste.

Des écrans intelligents, des corbeaux qui parlent. Deux univers qui se frôlent, se percutent, se heurtent. Se rencontrent parfois, se fuient souvent.

Les personnages, enfin. Celui de Nora, surtout: 20 ans, perdue, tous idéaux effacés, en quête d’elle-même. Régis, l’ami, l’amant, le sauveur. Susan, la protectrice. Nick, ombre planant au-dessus des têtes tel un vautour prêt à se repaître, mais aussi objet de tous les désirs.

Alors, thriller barré ? Conte fantastique ? Roman d’anticipation ? J’avoue ne pas avoir de réponse claire à donner, et c’est tant mieux.

J’ai lu L’Enfer des masques de Jacques Barbéri, et j’ai passé un sacré bon moment.

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